Il suffit d’allumer la radio ces derniers temps pour entendre toutes sortes de questions émanant des gens qui habitent “en plein dans le Patrimoine”. Constat: ce n’est pas clair pour tout le monde.
Exemple:
“Est-ce que je vais pouvoir continuer à élever mes p’tits canards ?”
“Tout ça, c’est la faute à Sarkozy”
“Est-ce qu’ils vont détruire ma maison ?”
“On va rétablir l’esclavage !”
Devant l’angoisse qui transpire à grosses gouttes dans toutes ces interrogations, nous avons décidé de mener une enquête (peu approfondie) en nous plongeant dans Wikipedia et sur le site officiel de l’UNESCO.
Une définition tout d’abord : “UNESCO” signifie “United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization”. Eh oui, c’est en anglais, tout simplement parce que c’est une émanation des Nations Unies.
D’ailleurs, en français, on ne devrait pas dire “UNESCO”, mais “ONUESC”, signifiant: “Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture”. C’est une agence spécialisée de l’ONU, vous savez, cet immeuble de New-York avec une grande salle pleine de fauteuils bleu ciel.
Sauf que le siège de l’UNESCO n’est pas à New-York, mais à Paris.
Son objectif est le suivant: « […] contribuer au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde en resserrant, par l’éducation, la science, la culture et la communication, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples. »
Entre autres missions, l’UNESCO établit une liste, et c’est cette liste qui nous intéresse : celle du “Patrimoine Mondial”. Son but est de cataloguer, nommer, et conserver les sites dits culturels ou naturels d’importance pour l’héritage commun de l’humanité. Avouons que c’est un beau programme. Les deux mots importants sont “cataloguer” et “conserver”.
Concernant le catalogage, c’est fait : l’île de la Réunion est “sur la liste” des plus belles merveilles du Monde, c’est chouette et c’est bien mérité, entre nous, avouez, quoi.
Concernant la “conservation”, c’est là que les questions peuvent se poser, effectivement. Mais bon, pas d’affolement, l’UNESCO a pour vocation d’aider, pas de contraindre. D’ailleurs, un article du Journal de l’île d’aujourd’hui est plutôt rassurant.
Un paragraphe de Wikipedia pourrait passer inaperçu, mais il a son importance. Nous le retranscrivons dans son intégralité:
“Les biens et sites incombent au premier chef à l’État territorial mais l’inscription sur la liste postule aussi que ces biens et ces sites appartiennent aussi à l’«Humanité» et sont ainsi placés sous une sorte de sauvegarde internationale. Il y a donc un système de coopération et d’assistance pour aider l’État territorial du point de vue financier et matériel. La communauté n’entre pas directement dans la gestion des sites concernés, mais il y a un suivi qui est réalisé par des organismes internationaux indépendants de l’État territorial (exemple : centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature). Cette protection est toute relative par rapport à la puissance de l’État sur son territoire.”
Donc : les “Pitons, Cirques et Remparts de la Réunion” ne sont plus uniquement “français”. Ils appartiennent à l’humanité toute entière. Une fois de plus, la Réunion se retrouve au carrefour de tous les pays, de toutes les couleurs, de toutes les cultures.
Et ça, c’est chouette.
Les deux articles de Wikipedia utilisés pour rédiger cet article:
L’article sur l’UNESCO:
On y découvre qu’on peut visiter le siège parisien de l’Unesco et y découvrir des oeuvres d’art …
L’article sur le Patrimoine Mondial:
Très intéressant et bien rédigé, il décrit parfaitement le concept.
La nouvelle est tombée dans la nuit: la Réunion est désormais inscrite au “Patrimoine Mondial de l’UNESCO”, au titre de ses “Pitons, Cirques et Remparts”.
Au-delà d’un titre ronflant, que signifie cette distinction ?
Les sites classés au Patrimoine Mondial sont de trois ordres : soit entièrement naturels (comme les lagons de Nouvelle-Calédonie), soit culturels (comme Venise et sa lagune), soit mixtes (comme le sanctuaire du Machu Picchu). Lorsqu’on en consulte la liste sur le site de l’Unesco, on fait le tour de toutes les merveilles du monde, et il y en a bien plus de sept, puisqu’ils sont plus de 890. Cette énumération fait rêver : Grande Barrière d’Australie, Grand-Place de Bruxelles, centre historique de Salvador de Bahia, temple d’Angkor, îles Galapagos, Ibiza, Pont du Gard, et bien d’autres encore, auxquels il faut désormais ajouter la Réunion.
Il est à noter que l’île Maurice figure déjà au titre du patrimoine mondial de l’Unesco, pour deux de ses sites : le Morne et l’Aapravasi Ghat, tous deux dans la catégorie “culture”. Quant à notre île, elle a déjà été reconnue, avec son Maloya, dans une catégorie spéciale : le “Patrimoine Culturel immatériel”.
Il faut dire qu’ils sont beaux, nos pitons, nos cirques et nos remparts ! Nous le savions déjà, désormais le monde entier va le savoir ! Au-delà du simple aspect visuel, ce sont les caractéristiques géologiques, botaniques et animales qui sont remarquables. Au premier rang d’entre elles: la bio-diversité, avec des espèces végétales absolument uniques au monde, regroupées sur un petit territoire fragile et qui donc mérite d’être protégé. Cette reconnaissance est très importante, d’autant plus que l’année 2010 est également au niveau mondial cette de la bio-diversité.
Rappelez-vous de ce mot : “Chikungunya”. Même s’il est exotique et que les Réunionnais n’en ont “même pas peur”, l’épidémie de 2006 a fait des ravages dans l’économie locale, en particulier au niveau de la fréquentation touristique. Des hôtels ont fermé, des chambres d’hôte ont fait faillite, et la fréquentation touristique n’est toujours pas revenue au niveau d’avant-2006. Inutile de dire que ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco tombe bien. Espérons que les touristes reviendront (pas les moustiques) et que notre île saura les accueillir convenablement, dans des structures agréables et accueillantes, dans le respect de l’environnement et sans y perdre son âme. Nous aurons tous à y gagner, aussi bien au niveau de la découverte mutuelle de la culture de l’autre (locaux comme touristes) qu’en termes purement économiques, la Réunion n’étant pas dans une santé florissante dans le domaine.
C’est donc une excellente nouvelle, à tous points de vue, que de voir ce label prestigieux attribué à notre île. Un coup de chapeau à tous ceux qui ont oeuvré pour que notre petite île créole, si belle, si attachante, avec sa nature si grandiose, soit reconnue comme faisant partie du “patrimoine mondial de l’UNESCO”, qui n’est rien d’autre que le patrimoine mondial “tout court”.
A visionner : cette vidéo de TFI datant d’avant la nomination, qui explique particulièrement bien les enjeux de la candidature de la Réunion au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO
C’est une histoire à rendre marteau un requin-baleine: Le 25 juiller dernier, un squale est pêché en baie de Saint-Paul. Et pas n’importe quel: un “requin guitare”, dénommé ainsi en raison de sa forme générale, aplatie, faisant penser à un instrument de musique. En raison probablement de sa rareté, il est illico hébergé dans l’Aquarium de Saint-Gilles, dans un grand bassin d’où il peut être vu et observé par des visiteurs curieux, admiratifs et quelque peu voyeurs.
Cette nouvelle ne passe pas inaperçue aux yeux des défenseurs de la nature, qui protestent contre cette incarcération injustifiée et exigent la relaxe en pleine eau du prisonnier. Les réactions sont virulentes: il est totalement anormal qu’un animal sauvage soit ainsi retenu captif, d’autant plus que son espèce est particulièrement rare et menacée. Certes. Mais comme nous vivons à l’époque du “web”, du “buzz” et du “scoop”, Facebook est mis à contribution: voilà notre requin avec sa page bien à lui, avec son “mur” et ses “fans” et même son “logo”! Aussitôt, la presse nationale s’empare du thème et c’est ainsi qu’on voit fleurir des articles dans Le Monde, L’Express (de l’île Maurice !), ou La Dépêche du Midi …
A ce jour, le groupe Facebook intitulé “libérons le requin guitare”ne compte pas moins de 989 fans et son plaidoyer est sensible et lyrique: “Trouvez-vous normal qu’on laisse ce pauvre requin guitare dans cette petite cage de l’Aquarium de Saint-Gilles-les-Bains ? Donnons notre avis et essayons de faire réagir l’opinion publique. Quel est l’objectif de l’aquarium ? Préserver la vie ou faire de l’argent en profitant de l’aubaine d’une telle attraction. A l’heure où la Réunion souhaite inscrire les “Pitons, cirques et remparts de la Réunion” au patrimoine mondial de l’Unesco, ne nous détournons pas des océans, c’est l’occasion pour les Réunionnais de prouver, une fois de plus, leur attachement à la préservation de la nature et de la vie. Libérons le requin guitare de sa prison, montrons l’exemple.”
Mais … voici qu’un nouveau groupe est créé sur Facebook, et qui milite pour que notre requin guitare reste dans son aquarium ! Il s’agit du groupe intitulé: “Sauvons le requin guitare : Gardons le dans l’aquarium” ! Il voit les choses sous un angle différent, voici son plaidoyer: “Page de communauté mise en place afin que le requin guitare recueillit à l’aquarium de la Réunion y demeure. Le sauver ne veut pas forcément dire : le relâcher dans l’océan. Le sauver peut aussi vouloir dire : préserver l’espèce, se servir de cette histoire afin de sensibiliser la population sur l’état de la mer, de sa faune, sa flore …”
C’est une façon de voir. Ce groupe est moins garni en “fans” : à peine 42. Mais il a le mérite d’exister et, comme dans tout tribunal, aussi bien “l’attaque” que “la défense” doit avoir son avocat.
Ce n’est pas tout ! Youtube entre en scène, avec la vidéo d’une courte chanson dédiée à notre vedette et interprétée – bien entendu – à la guitare …
Que faut-il penser de tout cela ? Qu’en 2010, le sort des animaux sauvages fait toujours débat, et que cela vaut bien mieux que l’indifférence. Que la question de la légitimité des aquariums et autres zoos est posée. Que les humains ne sont pas totalement coupés de la nature et de la nécessité de la défendre et de trouver des moyens de la protéger, même si c’est une tâche difficile et souvent pleine de paradoxes.
On peut aussi se dire que si le spécimen pêché s’était appelé “sardine” ou même “requin-bouledogue”, il n’est pas sûr qu’il ait attiré l’attention de cette manière. Parce qu’ il n’est pas donné à tous les animaux d’avoir un nom aussi poétique et musical que celui de “requin guitare” …
Le 2 juillet dernier, il a parcouru 180 kilomètres, chevauchant l’Océan indien, accroché à un cerf-volant. Dans la catégorie des conquérants de l’inutile, option “sport de glisse”, Sébastien Coupy a écrit sa page bien à lui, en réalisant une première mondiale. A qui le tour ?
Décidément, il y a des sports bizarres. Alors que tout un chacun pratique en ce moment le football, tranquillement affalé dans un canapé, bière à la main et Coupe du Monde sur écran plat comme ligne d’horizon, un quidam décide de tenter un truc insensé, suspendu au bout d’un fil et zigzaguant entre les ailerons de requins, au beau milieu d’un l’Océan Indien que rien n’étonne.
Son nom: Sébastien Coupy. Son moyen de locomotion : un cerf-volant !
Parti vers 8 h 45 de l’île Maurice, il met sept heures pour atteindre la Réunion. Faites le calcul: ça fait du 25 kilomètres à l’heure, avec pour seul moteur le vent du large, et pour seul équipage une petite planche, de la ficelle et une aile.
Il y a quelques années, Didier “Bloody” Marchal avait réussi le même exploit, mais en planche à voile.
On ose à peine imaginer le moyen de locomotion du prochain candidat à l’exploit Ushuaïesque entre les deux îles des Mascareignes. Je penche vers un vélo volant fonctionnant au soleil. Pourquoi pas ?
Toute plaisanterie mise à part, c’est un bel exploit sportif qu’a réussi Sébastien Coupy. Un exploit solitaire, courageux, dangereux. Il a dû en savourer chaque seconde, chaque souffrance, chaque vague. Un exploit qui n’aurait pas été possible sans une parfaite maîtrise de la technique et du matériel. Avec un petit coup de pouce de l’alizé.
Un grand bravo.
Vous pouvez visiter le site web de ce “défi-kite” ci:
http://defikite.com
Les vacances commencent !
Seulement voilà: selon qu’on se trouve dans l’hémisphère Nord ou Sud, on est en été ou en hiver.
Est-ce que cela fait vraiment une différence ? Oui et non. Tout dépend du critère retenu.
Eté, hiver, il est vrai que parfois on ne sait plus trop. Un point s’impose.
“Nos hivers sont vos été“: ce slogan s’affichait il y a quelques années sur un T-shirt à succès, ici à la Réunion. Et c’est totalement vrai: La Réunion se situe dans l’hémisphère Sud, et de ce fait nos saisons sont inversées (nous marchons également tête en bas, mais personne ne s’en rend compte). En ce moment, nous subissons donc les rigueurs de l’hiver austral. Brrr… Obligés de mettre une petite laine à partir de 19 heures pour pouvoir manger dehors, décidément la nature est impitoyable.
Bon, il est exact que “plus on monte, plus il fait froid”. Donc, la petite laine se transforme en gros pull, et parfois – mais oui – le feu crépite dans les cheminées, du côté du Guillaume, de Cilaos ou de la Plaine des Palmistes. On a même connu la neige, il y a quelques années. D’accord, il n’a pas neigé sur les cocotiers mais au volcan. Et n’oublions pas que le plus haut sommet de l’île (3070 mètres) s’appelle, justement, le Piton des Neiges. Ce n’est certainement pas un hasard.
Les touristes, eux (vous ?), sont en vacances également, depuis hier (comme nous). Différence : eux sont en vacances d’été. D’ailleurs, on le voit bien aux actualités télévisées, en ce moment la canicule sévit du côté de la Métropole en ce début juillet 2010.
Venez donc sous les tropiques vous rafraîchir ! Et rassurez-vous, vous n’échapperez pas au coup de soleil “obligatoire” si vous restez trop longtemps dans la position du margouillat endormi, sur le sable du lagon.
Conclusion : ici, les vacances d’hiver ressemblent fort à des vacances d’été. La grande différence, car il y en a une, c’est que la nuit tombe très tôt. Normal, c’est l’hiver. Vous aurez tout le temps de méditer sur ce paradoxe lorsque vous ferez trempette dans l’Océan Indien, enduit de crème à indice maximum, en plein mois de juillet. En hiver. Non, en été. Je ne sais plus.
Abigail Sunderland (surnommée”Abby”) est californienne, elle a 16 ans et c’est une navigatrice intrépide. Elle a été secourue à la mi-parcours de son tour du monde en solitaire, alors qu’elle avait démâté au large des Kerguelen, par le patrouilleur français Osiris qui la ramène à La Réunion aujourd’hui.
“Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années“. Cette citation de Corneille s’applique parfaitement à Abby Sunderland. Elle est américaine, elle est jeune – 16 ans – et pourtant elle a entrepris un tour du monde en voilier et en solitaire. Lors de son départ, une polémique avait commencé à voir le jour, concernant justement son âge. Mais c’était mal connaître Abby, qui est une navigatrice expérimentée, ayant passé sa jeune vie sur des bateaux. Comme un vieux loup de mer, elle a déjà bien des tempêtes à son actif, elle a franchi le Cap Horn en solitaire et n’a rien d’une adolescente écervelée qui prendrait la mer sur un coup de tête.
Ayant eu le talent et la chance de trouver des sponsors solides, elle a pu il y a quelques mois préparer ce qui est son rêve avoué depuis l’âge de treize ans : faire le tour du monde à la voile, en solitaire, sans assistance. Ayant à sa disposition un bateau solide et taillé pour le voyage (“Wild Eyes“), elle a pris le départ le 24 janvier dernier, destination le tour du Monde.
Tout s’est bien passé jusqu’à ce 10 juin dernier où l’Océan Indien a décidé de changer le cours des choses, la faisant démâter dans le Grand Sud, au large des Kerguelen.
Nous n’entrerons pas ici dans une polémique sur le prix des secours, polémique qui n’aurait pas eu lieu si Abby s’appelait, par exemple, Olivier de Kersauzon (qui dit lui-même : “(L’océan) Indien n’a aucune sollicitude pour le marin“).
Nous retiendrons simplement qu’en 2010, l’esprit d’aventure et l’amour de la mer existent toujours, et que de belles pages peuvent encore être écrites sur fond d’océans, d’embruns et de quarantièmes rugissants.
Voici quelques sites internet pour aller plus loin dans l’aventure d’Abby:
Le blog d’Abby, qu’elle a tenu “en direct du large” et qu’elle continue à alimenter:
http://soloround.blogspot.com
Le site officiel de son Tour du Monde:
http://abbysunderland.org/
Le site de Liza Gizara, photographe de talent qui nous a fait la gentillesse de nous faire parvenir la superbe photo qui illustre cet article:
http://www.gizaraarts.com
Il y a une chanson que tous les réunionnais connaissent et écoutent avec l’oeil humide (surtout lorsqu’ils sont dans le froid de la Métropole). Cette chanson, “Mon île”, a été composée et chantée par Jacqueline Farreyrol, il y a quelques années.
C’est un hymne, un poème dédié à La Réunion, qui partage avec “Ti Fleur fanée” la chance d’être connu bien au-delà des frontières océanes.
Jacqueline Farreyrol a toujours eu une vie extrêmement active, que ce soit dans le domaine de la chanson ou celui de l’éducation (son métier d’origine).
Elle a reçu de nombreuses récompenses : prix de l’Académie Charles Cros (en 1978), Chevalier de l’Ordre National du Mérite (en 1996), pour n’en citer que deux.
Le 9 juin dernier, cette forte personnalité a été nommée présidente de l’IRT (“Ile de la Réunion Tourisme”), l’organisme chargé de promouvoir la Réunion auprès de touristes du monde entier. Vaste programme !
Retenons simplement quelques chansons de son répertoire, des chansons qui sentent bon la Réunion, la vraie, celle parfumée à la banane, à la mangue et au tamarin, et concluons par quelques vers de “mon île”:
“Le long des côtes sauvages
Le charme fou des paysages
Et des vacoas insolents
Jouant de la houle et des vents
Laisse aux voyageurs de passage
Une singulière image
Mêlée de bleu, de noir, de blanc,
De soleil or et rouge sang…”
Il y a un an, jour pour jour, la Route des Tamarins était ouverte à la circulation. Cette route représentait un immense espoir pour toute une île asphyxiée par les embouteillages. Peut-on faire un bilan, un an plus tard ?
Tous les réunionnais et tous les touristes qui fréquentent régulièrement notre île sont d’accord sur ce point : la Route des Tamarins a complètement changé la manière de se déplacer à La Réunion.
Construite à mi-hauteur, avec des ponts audacieux surplombant les ravines, la route des Tamarins est une route qui possède une forte personnalité, à tel point que de nombreuses personnes la trouvent “belle”, ce qui est quand même assez extraordinaire pour une route. Disons qu’elle permet surtout de découvrir des paysages grandioses et qui auparavant étaient difficilement accessibles. Il faut dire que sa construction, à mi-hauteur, y est pour quelque chose.
Reliant le Nord et le Sud de l’île en passant par l’Ouest, la route des Tamarins était réellement attendue par tous. L’île était bloquée par les flots de voitures coincées dans un réseau routier devenu trop petit. Ca bouchait de tous les côtés. Certaines personnes partaient à cinq heures du matin pour être au travail à huit heures. Les entreprises éprouvaient les pires difficultés pour effectuer de simples livraisons. Tous les bouchons devaient sauter, d’un coup, à compter du jour de l’ouverture !
Aujourd’hui, un an plus tard, il faut reconnaître que la route a immédiatement fait partie du quotidien des réunionnais, et que bien des problèmes d’embouteillages ont été réglés. Mais pas tous. Par exemple, le matin, entre Saint-Paul et le Port et entre sept et huit heures, tout est bloqué . Mais c’est finalement assez marginal. Des milliers de gens ont gagné une heure de sommeil le matin grâce à une route !
Quant aux touristes, ils sont enchantés : non seulement ils peuvent se déplacer infiniment plus facilement, surtout du côté des plages, mais de plus ils découvrent les paysages de notre île d’une manière certes peu originale mais néanmoins très efficace : en voiture !
L’UNESCO (L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) s’est donné pour mission l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité. Vaste programme ! La Réunion est concernée, et candidate.
Voici la définition donnée par l’UNESCO du Patrimoine Mondial:
“Le patrimoine est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. Nos patrimoines culturel et naturel sont deux sources irremplaçables de vie et d’inspiration. Des lieux aussi extraordinaires et divers que les étendues sauvages du parc national de Serengeti en Afrique orientale, les Pyramides d’Egypte, la Grande Barrière d’Australie et les cathédrales baroques d’Amérique latine constituent le patrimoine de notre monde.
Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle. Les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés.”
Il est vrai que les cirques, remparts et pitons de la Réunion sont exceptionnels. L’idée de les soumettre à l’Unesco pour les faire classer comme faisant partie du Patrimoine Mondial est donc assez logique. Le Parc National des Volcans d’Hawaii, par exemple, fait partie de ce patrimoine depuis 1987 ! De même que le Morne Brabant de l’île Maurice .
Notons que la Réunion a déjà une de ses richesses classée au “Patrimoine Culturel Immatériel” de l’Unesco (le Maloya, depuis octobre 2009).
Le Parc National de la Réunion, porteur du projet, met à la disposition des internautes des brochures électroniques à télécharger . Si vous aimez la Réunion et si vous voulez, entre autres, voir des photos magnifiques de notre ile, n’hésitez pas, c’est immédiat et gratuit. Voici le lien vers la page de téléchargement:
http://www.reunion-parcnational.fr/Les-documents-a-telecharger,45.html
Attardez-vous par exemple sur le document intitulé “Pitons, Cirques et Remparts de l’île de La Réunion — Objectif Patrimoine Mondial“, les photos sont splendides.
Le site de l’UNESCO est également très intéressant, et vous pouvez le consulter ici.
Le verdict sera rendu dans quelques semaines, en juillet. Croisons les doigts, l’acceptation de notre île serait un événement considérable, avec des retombées importantes, notamment au niveau de l’environnement et de l’économie locale, avec un coup de fouet au niveau de la fréquentation touristique.