“Margoze lé amer”… Amer, mais délicieux, surtout avec “La Morue”.
Voici une recette simple à réaliser et qui va métisser deux saveurs fortes dans votre assiette. Un plat à forte personnalité, et tout simplement délicieux …
Ingrédients:
Dessaler la morue. Pour cela, la faire bouillir, changer l’eau, et recommencer l’opération trois fois. Rien de difficile.
Emietter la morue en enlevant arètes et épines. Pas compliqué.
Faire revenir la morue, ne pas être avare en huile, elle ne doit pas être “sèche”. Aucune difficulté.
Couper les margozes en deux, enlever les graines, les couper en lamelles fines. Ca prend deux minutes.
Emincer les oignons, rajouter l’ensemble à la morue, “tourner” pendant quelques instants. Pas besoin de sortir de Polytechnique.
Et puis c’est tout …
Servir, comme il se doit, avec du riz blanc, “du grain et du rougail”, et se régaler.
Tout simplement.
Abigail Sunderland (surnommée”Abby”) est californienne, elle a 16 ans et c’est une navigatrice intrépide. Elle a été secourue à la mi-parcours de son tour du monde en solitaire, alors qu’elle avait démâté au large des Kerguelen, par le patrouilleur français Osiris qui la ramène à La Réunion aujourd’hui.
“Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années“. Cette citation de Corneille s’applique parfaitement à Abby Sunderland. Elle est américaine, elle est jeune – 16 ans – et pourtant elle a entrepris un tour du monde en voilier et en solitaire. Lors de son départ, une polémique avait commencé à voir le jour, concernant justement son âge. Mais c’était mal connaître Abby, qui est une navigatrice expérimentée, ayant passé sa jeune vie sur des bateaux. Comme un vieux loup de mer, elle a déjà bien des tempêtes à son actif, elle a franchi le Cap Horn en solitaire et n’a rien d’une adolescente écervelée qui prendrait la mer sur un coup de tête.
Ayant eu le talent et la chance de trouver des sponsors solides, elle a pu il y a quelques mois préparer ce qui est son rêve avoué depuis l’âge de treize ans : faire le tour du monde à la voile, en solitaire, sans assistance. Ayant à sa disposition un bateau solide et taillé pour le voyage (“Wild Eyes“), elle a pris le départ le 24 janvier dernier, destination le tour du Monde.
Tout s’est bien passé jusqu’à ce 10 juin dernier où l’Océan Indien a décidé de changer le cours des choses, la faisant démâter dans le Grand Sud, au large des Kerguelen.
Nous n’entrerons pas ici dans une polémique sur le prix des secours, polémique qui n’aurait pas eu lieu si Abby s’appelait, par exemple, Olivier de Kersauzon (qui dit lui-même : “(L’océan) Indien n’a aucune sollicitude pour le marin“).
Nous retiendrons simplement qu’en 2010, l’esprit d’aventure et l’amour de la mer existent toujours, et que de belles pages peuvent encore être écrites sur fond d’océans, d’embruns et de quarantièmes rugissants.
Voici quelques sites internet pour aller plus loin dans l’aventure d’Abby:
Le blog d’Abby, qu’elle a tenu “en direct du large” et qu’elle continue à alimenter:
http://soloround.blogspot.com
Le site officiel de son Tour du Monde:
http://abbysunderland.org/
Le site de Liza Gizara, photographe de talent qui nous a fait la gentillesse de nous faire parvenir la superbe photo qui illustre cet article:
http://www.gizaraarts.com
Il y a une chanson que tous les réunionnais connaissent et écoutent avec l’oeil humide (surtout lorsqu’ils sont dans le froid de la Métropole). Cette chanson, “Mon île”, a été composée et chantée par Jacqueline Farreyrol, il y a quelques années.
C’est un hymne, un poème dédié à La Réunion, qui partage avec “Ti Fleur fanée” la chance d’être connu bien au-delà des frontières océanes.
Jacqueline Farreyrol a toujours eu une vie extrêmement active, que ce soit dans le domaine de la chanson ou celui de l’éducation (son métier d’origine).
Elle a reçu de nombreuses récompenses : prix de l’Académie Charles Cros (en 1978), Chevalier de l’Ordre National du Mérite (en 1996), pour n’en citer que deux.
Le 9 juin dernier, cette forte personnalité a été nommée présidente de l’IRT (“Ile de la Réunion Tourisme”), l’organisme chargé de promouvoir la Réunion auprès de touristes du monde entier. Vaste programme !
Retenons simplement quelques chansons de son répertoire, des chansons qui sentent bon la Réunion, la vraie, celle parfumée à la banane, à la mangue et au tamarin, et concluons par quelques vers de “mon île”:
“Le long des côtes sauvages
Le charme fou des paysages
Et des vacoas insolents
Jouant de la houle et des vents
Laisse aux voyageurs de passage
Une singulière image
Mêlée de bleu, de noir, de blanc,
De soleil or et rouge sang…”
Il y a un an, jour pour jour, la Route des Tamarins était ouverte à la circulation. Cette route représentait un immense espoir pour toute une île asphyxiée par les embouteillages. Peut-on faire un bilan, un an plus tard ?
Tous les réunionnais et tous les touristes qui fréquentent régulièrement notre île sont d’accord sur ce point : la Route des Tamarins a complètement changé la manière de se déplacer à La Réunion.
Construite à mi-hauteur, avec des ponts audacieux surplombant les ravines, la route des Tamarins est une route qui possède une forte personnalité, à tel point que de nombreuses personnes la trouvent “belle”, ce qui est quand même assez extraordinaire pour une route. Disons qu’elle permet surtout de découvrir des paysages grandioses et qui auparavant étaient difficilement accessibles. Il faut dire que sa construction, à mi-hauteur, y est pour quelque chose.
Reliant le Nord et le Sud de l’île en passant par l’Ouest, la route des Tamarins était réellement attendue par tous. L’île était bloquée par les flots de voitures coincées dans un réseau routier devenu trop petit. Ca bouchait de tous les côtés. Certaines personnes partaient à cinq heures du matin pour être au travail à huit heures. Les entreprises éprouvaient les pires difficultés pour effectuer de simples livraisons. Tous les bouchons devaient sauter, d’un coup, à compter du jour de l’ouverture !
Aujourd’hui, un an plus tard, il faut reconnaître que la route a immédiatement fait partie du quotidien des réunionnais, et que bien des problèmes d’embouteillages ont été réglés. Mais pas tous. Par exemple, le matin, entre Saint-Paul et le Port et entre sept et huit heures, tout est bloqué . Mais c’est finalement assez marginal. Des milliers de gens ont gagné une heure de sommeil le matin grâce à une route !
Quant aux touristes, ils sont enchantés : non seulement ils peuvent se déplacer infiniment plus facilement, surtout du côté des plages, mais de plus ils découvrent les paysages de notre île d’une manière certes peu originale mais néanmoins très efficace : en voiture !
A Saint-Gilles, en revenant de la plage, vous passerez forcément devant la petite “case créole” qui abrite la boutique Couleur Café. Arrêtez-vous un instant, cette boutique a bien du charme.
Sous son toit de tôle, des vêtements et des T-shirts de toutes les couleurs, agréablement mis en valeur, présentent un éventail de motifs et de modèles, le tout dans une ambiance typiquement réunionnaise.
Stéphanie accueille les visiteurs avec un grand sourire et leur fait fièrement visiter les lieux. “Attention à la marche Messieurs-Dames !” Il est vrai que le plancher a une configuration assez étrange, mais c’est ce qui ajoute au côté “typique” de l’endroit.
Des T-shirts amusants, des petites séries, des robes pour les petites filles et leur maman: un concentré de Réunion dans quelques mètres carrés, à ne pas manquer si vous projetez de venir en vacances dans notre île.
Couleur Café est une marque qui a vingt ans, et qui fait partie du paysage. Elle a su évoluer au cours du temps, et possède son site internet et même son espace facebook.
L’UNESCO (L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) s’est donné pour mission l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité. Vaste programme ! La Réunion est concernée, et candidate.
Voici la définition donnée par l’UNESCO du Patrimoine Mondial:
“Le patrimoine est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. Nos patrimoines culturel et naturel sont deux sources irremplaçables de vie et d’inspiration. Des lieux aussi extraordinaires et divers que les étendues sauvages du parc national de Serengeti en Afrique orientale, les Pyramides d’Egypte, la Grande Barrière d’Australie et les cathédrales baroques d’Amérique latine constituent le patrimoine de notre monde.
Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle. Les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés.”
Il est vrai que les cirques, remparts et pitons de la Réunion sont exceptionnels. L’idée de les soumettre à l’Unesco pour les faire classer comme faisant partie du Patrimoine Mondial est donc assez logique. Le Parc National des Volcans d’Hawaii, par exemple, fait partie de ce patrimoine depuis 1987 ! De même que le Morne Brabant de l’île Maurice .
Notons que la Réunion a déjà une de ses richesses classée au “Patrimoine Culturel Immatériel” de l’Unesco (le Maloya, depuis octobre 2009).
Le Parc National de la Réunion, porteur du projet, met à la disposition des internautes des brochures électroniques à télécharger . Si vous aimez la Réunion et si vous voulez, entre autres, voir des photos magnifiques de notre ile, n’hésitez pas, c’est immédiat et gratuit. Voici le lien vers la page de téléchargement:
http://www.reunion-parcnational.fr/Les-documents-a-telecharger,45.html
Attardez-vous par exemple sur le document intitulé “Pitons, Cirques et Remparts de l’île de La Réunion — Objectif Patrimoine Mondial“, les photos sont splendides.
Le site de l’UNESCO est également très intéressant, et vous pouvez le consulter ici.
Le verdict sera rendu dans quelques semaines, en juillet. Croisons les doigts, l’acceptation de notre île serait un événement considérable, avec des retombées importantes, notamment au niveau de l’environnement et de l’économie locale, avec un coup de fouet au niveau de la fréquentation touristique.
11 Septembre 1992 : un violent cyclone rôde autour de Hawaii, dans l’océan pacifique.
Soudain, il déferle sur la petite île de Kauai, emportant les toits des maisons les moins solides, inondant les rues, provoquant des coulées de boue. Lorsque la nature décide de se fâcher, elle ne plaisante pas.
Le lendemain du désastre, un petit imprimeur de T-shirts de la région de Kalaheo contemple les dégâts : des cartons entiers de T-shirts ont été éventrés par les eaux boueuses, leur contenu a baigné dans un mélange de terre et d’eau. Le tout a pris une teinte marron/rouge.
Notre homme est triste. Son petit atelier, qu’il aime tant, n’est pas trop affecté, mais son petit stock de T-shirts blancs est inutilisable. La terre de la région est riche en oxyde de fer, et les taches sont quasi-indélébiles.
Un de ses amis passe par là. Il a envie de faire sourire son copain imprimeur de T-shirts. Il lui lance une boutade :
« Tu sais ce que tu devrais faire ? Tu devrais prendre tous ces T-shirts et les tremper carrément dans un grand bain d’eau mélangée à de la terre : au moins, ils auront une couleur uniforme ! »
C’est le déclic. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les T-shirts sont « teints » avec de la terre, et prennent une belle couleur brun-rouge. Une petite impression noire en sérigraphie par-dessus, et direction la boutique de souvenirs. Un touriste entre, observe le T-shirt, sourit … et l’achète. Un autre suit, puis encore un autre…
Aujourd’hui, 18 ans plus tard, la marque « Real Dirt Shirts » est toujours là, et elle est certainement la seule au monde à vendre des T-shirts teints avec de la terre « 100 % naturelle » !
Tous ceux qui découvrent la Plaine des Sables ont la même exclamation, lorsqu’ils en découvrent le panorama : “Extraordinaire ! On dirait la Lune !”. Avec parfois la variation suivante : “Extraordinaire ! On dirait la Planète Mars !”. Ils ne croient pas si bien dire …
En effet (et c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux), un projet bien avancé a fait l’objet d’une signature de convention, à Pekin, entre la Mairie de Sainte-Rose (dont dépend la Plaine des Sables) et l’”International Lunar Exploration Working Group” ! (Traduction : Groupe de travail international pour l’exploration de la Lune).
Objectif : mener des tests permettant de tester les équipements et les procédures d’exploration de la Lune et de Mars … La raison ? Tout simplement les similitudes de terrain qui existent entre le satellite de la Terre, la Planète Rouge et cet endroit précis de notre belle île.
Bien sûr, tout n’est pas encore finalisé, en bonne partie du fait des précautions à prendre pour ne pas abîmer ce site naturel unique. Il ne s’agirait quand même pas de dégrader ce sanctuaire naturel situé au coeur du Parc National des Hauts. Que les scientifiques prennent donc tout leur temps avant d’envoyer … un astronaute fouler du pied nos “gratons péï”.
Quand on vous dit que la Réunion est une île extraordinaire, ce ne sont pas des paroles en l’air…
(Source : le Journal de l’île du 12 juin 2010)
Danyel Waro est tombé dans le Maloya quand il était petit. Ou peut-être est-ce l’inverse. Peut-être est-ce la fée du Maloya qui l’a choisi, dans son berceau, et lui a donné pour mission d’aller répandre cette musique dans les quartiers, dans les villes et dans les pays.
Danyel Waro a choisi d’entrer en Maloya comme on entre en politique ou en religion : sans faire de concessions. Jamais. En étant engagé. Toujours. Son Maloya, c’est à la fois sa musique, son cri et sa vie.
Danyel Waro a connu plusieurs phases dans sa vie d’artiste : la phase “underground”, où il s’est battu pour libérer cette musique qui – rappelons-le – n’avait pas droit de cité et était le fer de lance du Parti Communiste Réunionnais, dans ces années violentes où il était quasiment obligatoire de s’opposer les uns aux autres en étouffant ou en mettant en lumière le passé d’esclave d’une partie de la population réunionnaise.
Puis est venue la phase “World Music”, où son Maloya a progressivement trouvé sa place dans les grands festivals internationaux et où sa voix, sa musique et son talent ont pu être reconnus et acclamés à leur juste valeur, et pas uniquement en référence à un combat politique.
Ses disques s’arrachent, et pour cause : ils ont une âme, l’âme des racines, l’âme de la Réunion, la vraie, l’âme de l’authenticité.
La consécration arrivera en octobre prochain, bien loin de son tropique natal : à Coopenhage, où il recevra, non pas le prix Nobel, mais le “Womex Artist Award 2010″.
Le Womex n’est ni plus ni moins que la plus grande rencontre professionnelle mondiale autour de la World Music.
Une sacré reconnaissance pour la fragile musique d’une petite île isolée dans l’Océan Indien ..